Association d'Art Contemporain

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18/02/2021

RUPTURE: 6 février - 12 Avril 2021

Septième Edition de PERSPECTIVES au Musée des Tapisseries - Palais de L'Archevêché

RUPTURE
 
Une nouvelle Exposition dans la Salle Gothique du Musée des Tapisseries-Palais de l'Archevêché à AIX en PROVENCE

Du 6 février au 12 avril 2021

Organisée par les plasticiens de PERSPECTIVES

En attendant la réouverture des musées... 
le collectif Perspectives vous propose de découvrir l'exposition RUPTURE aujourd'hui au musée des Tapisseries, Palais de l'Archevêché à AIX en PROVENCE.
 
Entrez dans la Salle Gothique où vous pourrez découvrir les œuvres de 23 artistes!
Depuis chez vous, visitez l'exposition et zoomez sur les œuvres.

Rendez-vous dans quelques jours, la vidéo de l'exposition RUPTURE sera en ligne.
 
  
 
 
RUPTURE
Introduction par Jeanine Mège Morin Présidente de PERSPECTIVES
 
RUPTURE,

Ce thème a été choisi par les plasticiens de Perspectives dans un moment historique épidémique écologique climatique économique sociétal très mouvementé.
Au moment où ces lignes sont écrites c’est un pari car nul ne sait si l’exposition sera visitée en « présentiel » ou en « distanciel ».
C’est dans ce contexte singulier qu’on a considéré qu’une ouverture à une thématique de la rupture pouvait être une belle opportunité d’expressions artistiques faisant écho aux bouleversements et fragilisations des pratiques et des espaces sociaux que nous connaissons actuellement.
Fidèle à sa tradition multidisciplinaire Perspectives accueille cette année les réponses que des peintres, des photographes, des infographistes, des sculpteurs, des plasticiens ont données à l’appel d’offres qui leur a été proposé. Les artistes se sont saisis de l’ambivalence du champ de la rupture pour en illustrer et interroger   quelques aspects significatifs de son image qui peuvent renvoyer à la déchirure, à la faille, au tsunami, au changement brutal d’échelle pour un regardeur, au changement d’époque, de terre natale, de vie, de couleur, de matériaux, d’écosystème…L’exposition
Rupture propose ainsi un contact avec la création de mondes imaginaires fantasmés dans un contexte de crise.
Les œuvres de 19 Artistes de Perspectives ont été retenues. Elles sont installées dans la très belle salle gothique du Musée des Tapisseries.  Quatre artistes de notre région Alphons Alt, Jean Baptiste Audat, Olivier Bernex, Clémentine Carsberg, ont répondu à travers leurs œuvres à notre invitation.
Bernard Muntaner, Critique d’art, Commissaire d’expositions, nous a fait l’amitié de présenter ces artistes dans une introduction très éclairante qui rappelle la place de la rupture dans l’histoire de l’Art.

Jeanine Mège-Morin
présidente de Perspectives

(…)
Et, de ta plus belle écriture,
Note ce qu'il faudrait qu'il advînt de mon corps,
Lorsque mon âme et lui ne seront plus d'accord
Que sur un seul point : la rupture.
G. Brassens
Point de Rupture

Pour cette nouvelle rencontre artistique, le thème proposé est le mot RUPTURE. Ce n’est pas « LA » rupture, qui en définirait l’orientation, ni « UNE » rupture, qui la réduirait à un cas isolé. Le mot ainsi proposé isolé ouvre un champ spéculatif de réponses interprétatives. Comme souvent, les mots qui nous sont communs, semblent être tout de suite intelligibles. Qui n’a pas connu une rupture amoureuse, ou une rupture de courant ? Dans ces cas-là, la rupture provoque un manque, et par effet collatéral, la douleur, ou l’anxiété. On associe trop souvent au mot rupture une idée négative : « rompre » serait alors dans l’ordre du définitif. L’altérité, présente, ou rêvée, serait perdue à jamais, irrémédiablement. En réalité il ne faut pas avoir peur, ni même s’inquiéter de la rupture. La vie elle-même est faite d’un quotidien de ruptures : ainsi vit-on de jour en jour, entre hier, aujourd’hui et demain, il y a des ruptures d’actions, de temps et de lieux... Mais le présent est toujours présent et la rupture deviendrait alors un passage qui donnerait accès à une suite ; comme la page d’un livre que l’on tourne entraînerait celle d’après, par nécessité, ou désir.
La feuille blanche de l’écrivain ou du dessinateur rompt avec son espace immaculé dès que le crayon pose le premier trait. Celui-ci devient le premier trait d’union dans cet inframince de la rupture, et l’œuvre peut se projeter et construire sa révélation. La rupture se placerait entre un avant et un après, séparant comme avec un coin l’objet en deux parties mais tenues à proximité.  
L’histoire de l’Art est composée d’une suite de ruptures : de styles, de pensées, de techniques… Mais elle est aussi un champ d’hybridations, d’assemblages divers et surtout multiples. Si la Renaissance a rompu avec la représentation et la pensée du Moyen Âge, elle a emprunté à l’antiquité une esthétique qui va paradoxalement la singulariser. De même, il fallut que la perspective unitaire de cette époque soit inventée pour que Picasso oppose le cubisme en rupture avec cette convention de la représentation du réel. Il est des séparations qui produisent de nouvelles entités. Le même Picasso, va devenir un grand consommateur d’objets de rebuts, épars, récupérés dans des poubelles, pour les reconstituer en des formes reconnaissables grâce à des associations analogiques. La Femme à la poussette,  comme La Chèvre, ou La Guenon, en sont des témoignages éloquents.
Alors, faut-il « rompre » pour agir ? Pour Créer ? Si oui : quand, comment, où ? C’est dans  l’œuvre qu’on en trouvera, ou pas, la manifestation.
« Peindre c’est détruire ce qui précède. » proposait de façon radicale Karel Appel.

Bernard Muntaner
 
 
Exposition RUPTURE salle Gothique Musée des Tapisseries Palais de l'Archevêché
 
 



 

Textes : Jeanine Mège-Morin, Bernard Muntaner et des artistes.
Suivi éditorial et communication : Jane Deste.
Communication mécènes et sponsors : Marie-Christine Rabier.
Communication visuelle et réseaux sociaux : Christine Lopez et Dominique Bosq.
Intendance : Odile Xaxa.
Crédit photographiques : les artistes.
Scénographie : Jeanine Mège-Morin et Pierre Paindessous.
Installation, montage : Guillaume Blanche.
Lumières : Dominique Bosq.
Secrétariat : Christiane Benlian.
Design graphique : Guillaume Bougro.
Blog : Nicolas Labat, PDA Informatique.
Imprimé sur les presses de l'imprimerie C.C.I., Marseille, en février 2021.

 

 
 
 

 
Avec les remerciements de
Jeanine Mège-Morin, présidente de l’association PERSPECTIVES
à
Maryse Joissains-Masini, maire d’Aix-en-Provence, président du Conseil de Territoire,
vice-président de la Métropole d’Aix-Marseille,
Sophie Joissains, premier adjoint à la culture,
Marie-Pierre Sicard-Desnuelle, adjoint au maire, délégué au Patrimoine et aux Musées,
Philippe Pintore, directeur général adjoint Culture, Musées, Patrimoine et Attractivité
La direction des Musées de la Ville d’Aix-en-Provence
Christel Roy, coordinatrice des Musées, Valérie Brotons, responsable Musée des Tapisseries
le Conseil Municipal,
les agents d’accueil du Musée des Tapisseries.
à
Vincent Bercker, galeriste, expert en art,
Michel Bertrand, professeur de Littérature Contemporaine à Aix-Marseille-Université,
Patrick Boulanger, directeur de la revue culturelle « MARSEILLE », commissaire d’exposition
Claude Massu, professeur émérite d’Histoire de l’Art à Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Thierry Millet, Maître de Conférence à Aix-Marseille-Université,
Bernard Muntaner, critique d’art, commissaire d’exposition,
Alain Simon et la Compagnie d’Entraînement du Théâtre des Ateliers d’Aix-en-Provence.
aux organismes publics, privés et associatifs :
la Ville d’Aix-en-Provence,
la Fondation Saint-John Perse,
l’Institut de l’image,
le Musée des Tapisseries,
le Théâtre des Ateliers,
Aix Marseille Université (AMU)
 
Aux partenaires et mécènes pour leur indéfectible soutien










Artistes Invités
 
Alfons Alt
 
Alfons Alt
Argos Panoptès, 2016
altotype marouflé sur toilecoton, 120x100cm

 
Les oeuvres d’Alfons Alt ne cessent de troubler notre perception car elles nous entraînent dans deux expressions identifiées coexistantes : la photographie, et ce qui serait de l’ordre de la peinture. Une fois la prise de vue réalisée, et son traitement de report sur la toile effectué, Alfons Alt va appliquer au pinceau des jus de pigments aux endroits qu’il juge esthétiquement opportuns. La photographie se départit alors de sa structure première pour engager ses signifiants réalistes dans une aventure picturale gestuelle et abstraite, qui va opérer une réunion des deux acteurs plastiques de l’oeuvre pour en faire la singularité de son unicité. Ainsi, ces champs d’expressions apparemment éloignés, constituent un resserrement visuel qui souligne la question de l’entre deux ; à la fois dans ce qui sépare et ce qui réunit. La dichotomie pressentie, ou la rupture éventuelle, ou occasionnelle, devient l’acteur de l’unification des deux entités qui n’en font plus qu’une : l’Altotype. 
Bernard Muntaner
 
Alfons Alt

Alfons Alt
 
Alfons Alt
 
Jean-Baptiste Audat
 
Jean-Baptiste Audat
Le spiraleur,SD,
mine de plomb,62x50cm,
crédit photographique:J.C.Lett
 
Jean-Baptiste Audat lit la presse, Le Monde surtout, et Libé. Il en retient les images qui traduisent la dévastation du monde, par les guerres, les maladies, les dictatures, le Tsunami, les désastres écologiques et économiques… Autant de ruptures, de pertes, de destructions irrémédiables, de désagrégations, de fractures de ce monde dont il essaie d’en maintenir la trace dans un dessin précis mais doux, comme si le crayon caressait le papier et, par là même, les douleurs d’une réalité, pour en atténuer la violence. Le piano, arrêté au premier plan de l’image, est une victime du Tsunami, qui sidéra par sa soudaineté, et le déchaînement de la vague, le Japon, et le reste du monde. Resté sans voix, resté sans son, il est devenu l’instrument d’une musique éteinte, médusée.
Cette autre image de ruines, après des bombardements de rues, est placée derrière la ‘‘transparence’’ d’un écran constitué de petits cercles de couleurs. Devant ce désordre apocalyptique dessiné, une trame de couleurs organisée rationnellement semble vouloir remettre de l’ordre dans le chaos situé juste après elle.
Ailleurs, des personnages sont représentés à terre, sans vie. Devant cette image, des étiquettes sur lesquelles sont inscrits des prénoms communs sont piquées dans le papier, comme autant de rappels de figures anonymes disparues et dont chacun de nous pourrait faire partie. Isolé et en gros plan, l’homme qui crie exprime suffisamment la douleur et l’urgence pour se passer des mots.
Bernard Muntaner
 
Jean-Baptiste Audat
 
Jean-Baptiste Audat 
 
Jean-Baptiste Audat  
 
Jean-Baptiste Audat

Jean-Baptiste Audat

 
Olivier Bernex
 
Olivier Bernex
La peste de Marseille (d’après Michel Serre 1658-1733), 1995,
acrylique et collage sur toile, 146 x 114cm
 
Olivier Bernex
 
Comme beaucoup de peintres avant lui, Olivier Bernex interroge à l’occasion la peinture qui l’a précédé, que ce soit dans les techniques de fabrication, l’esthétique, ou dans les sujets qu’il aime interroger en tant que projet. Ici, la Peste de Marseille en 1720. Cette série prend naissance dans les toiles de Michel Serre 1658-1733, Vue du Cours pendant la peste de 1720 et La vue de l’Hôtel de Ville pendant la peste de 17201. Bernex en tire un détail, un personnage qui se tord de douleur, la bouche grande ouverte. Peut-être est-il déjà mort ?
Son corps tendu par la souffrance gît au milieu d’autres corps amoncelés, abandonnés par les habitants et les hôpitaux surchargés. À l’heure de la situation due à la Covid 19, cette oeuvre est tragiquement d’actualité. (Elle rappelle qu’il y eu 27 mois de confinement, et quatre ans pour rouvrir complètement la cité, la moitié de la population marseillaise ayant disparue). Les peintures exposées représentent des corps abstraits de leur contexte pour en faire une citation de la douleur.
Mais ces corps, seules figures présentes, sont associés à une écriture picturale bouleversée, traitée à grands traits de pinceaux comme un combat mené contre la maladie. Elle traduit l’émanation de la douleur de la figure sans cri. La peste comme rupture dans l’histoire des hommes. Mais ne contient-elle pas aussi dans ses prolongements interprétatifs la métaphore de la Pittura dolorosa ? Que la peinture est aussi un acte douloureux ?
Bernard Muntaner
 
Olivier Bernex
 
Clémentine Carsberg 
 
 
Clémentine Carsberg 
Paysages de saison, 2015, 
papier contrecollé sur dibon, 68 x 91 x 5cm, réalisé dans le cadre d’une résidence de recherche et de création au 3 bis f, lieu d’art contemporain à Aix-en-Provence
 
De Clémentine Carsberg, on connaît ses échelles recouvertes d’un papier peint, chargé de fleurs, et d’autres végétations, qui a pour effet de les soustraire à la vue, et d’en ‘‘aplatir’’ sa volumétrie. Cette équivocité visuelle de l’oeuvre va surprendre le spectateur qui en percevra rapidement la dimension poétique de son univers. 
On connaît aussi ses photos tirées de magazines, dans lesquelles elle ôte, en la découpant, la présence des personnages, ne laissant que la silhouette absentée où viendra s’inscrire par en dessous un autre découpage de fleurs, de lignes graphiques, ou de simples aplats de couleurs. Rompre l’unicité de l’image pour en proposer une autre constituée alors de deux entités hétérogènes. On retrouve également l’idée du recouvrement et de l’apparition dans son travail de superpositions de papiers peints qui, à travers une déchirure, ou un trou, fait apparaître des strates de papiers peints décorés qui se sont superposés à travers le temps, tel un palimpseste visuel, une entrée en mémoire… 
Présentée ici, la série des Paysages de saison, pose le mystère de son élaboration. À première vue, il s’agirait d’une transposition d’une partie de l’image 2 D en trois dimensions. Ce serait réduire le propos à une simple interversion plastique binaire. Quel secret serait caché derrière les petits cônes qui ponctuent l’espace de l’image ? Utilisant des  affiches du 3-bis f réalisées par Laurent Garbit lors des saisons précédentes, Clémentine Carsberg élimine toute figure humaine et textes initiaux pour ne donner à lire que le paysage ainsi dés-animé, départi de toute narration susceptible d’en parasiter le sens. Derrière ces cônes (mais pas dans tous), se cachent du texte, et/ou des personnages. Ils laissent ainsi la pleine place au ‘‘sujet-paysage’’, à la mutité d’un présent offert sans excédent.
Bernard Muntaner
 
  
Artistes de Perspectives

Michèle Alexandre

Michèle Aexandre
Rupture, 2020,
peinture acrylique sur toile marouflée, 100 x 100cm 
 
Une rue, la verticalité des immeubles, l’horizontalité de la voie, et puis… les voitures qui font rupture et entraînent le chaos.’’
 
Patrick Aubert
 
Patrick Aubert
Buveuse de l'eau du ciel, 2014,
photographie tirage sur dibon, 100 x 75cm
 
Le passage entre l'air et l'eau est la rupture fondamentale, primordiale. Il faut attendre la naissance pour que le bébé respire enfin seul. Dès qu'il se trouve à l'air libre, ses poumons se remplissent d'air et chaque petit sac des alvéoles pulmonaires se gonflent pour la première fois : ‘‘c'est le premier souffle et le premier cri.’’

Marcelle Benhamou

Marcelle Benhamou
Déchirure, 2020,
acrylique sur toile de jute et papier goudronné, 120 x 110cm
 
Il aimait écouter les locomotives qui sifflaient, les bateaux qui cornaient, les sirènes des usines qui hurlaient — tout ce tourbillon de désirs autour de lui, il en devenait lui-même vibrant de désirs. Il était jeune, n’avait ni parti pris, ni projets, n’éprouvait rien d’autre que cette dilatation en lui, c’était quelque chose de physique, comme une déchirure de tous les membres, parfois douloureuse mais c’était, n’empêche, ce qu’il découvrait de plus intime au fond de lui-même. Assis, la nuit, dans sa chambre déserte, il guettait le gémissement des tramways sur leurs rails.’’
Paul Nizon, Stolz, 1975
 
Dominique Bosq
 
Dominique Bosq
Le monde a changé, 2020,
impression numérique appliquée sur un support en médium hydrofuge,
dimensions variables : H 122 à 220 cm x L 16 à 27 cm
 
Les stèles sont des tranches de réel. Les couleurs s'immiscent dans une autre réalité. 

Dominique Bosq

 Cagliari
 
Cagliari
Après le déluge II, 2020,
tirage canson contrecollé
sur dibon, 72 x 140,4cm

Cagliari
Après le déluge I (détail), 2020,
tirage canson contrecollé sur dibon, 72 x 140,4cm

Rêver l’après quand l’humain disparaît ?
Les sols se feuillètent et les terres se plissent en déchirures, en fractures porteuses d’images endormies, figées, paralysées.
L’oeil d’un auroch guette une colombe pétrifiée sur les fractures de la terre.
Une verte montagne déchirée s’ouvre sur la crevasse d’un glacier (?).
Une faille monte vers un ciel ? la trace d’un vivant ?...

Cagliari


Guylaine Coquet

Guylaine Coquet
Rupture, 2020,
photographie, tirage sur dibon, 180 x 33cm
 
La rupture n'existe pas, elle fait partie d'un processus de continuité.
La rupture est primordiale. Elle est une particularité de notre vie et nous accompagne tout le long de notre existence.
La rupture est une sorte de ‘‘décroché de vie’’ qui nous construit. La naissance, la mort qui nous brise et qui peut être pensée comme un ‘‘départ’’... Le doute aussi rompant le flux de notre pensée, bousculant nos convictions, est essentiel dans la construction de notre réflexion.
La rupture est un élément crucial de notre paysage intime. Elle lui donne du relief, des tonalités, ouvre des perspective 
 
Guylaine Coquet
 
Christian Feltin
 
Christian Feltin
Rupture, 2020,
acrylique sur toile, 100 x 100cm
 
Entre abstraction et calligraphie, le noir profond domine toujours pour mieux transcender les touches de couleur et cerner les vides. Dans cette oeuvre, le jeu sur les formes et les matières laisse apparaître les ruptures organiques d’une résille qui arrachée à elle-même se transforme en failles lumineuses pour se refondre en une nouvelle matière. 

Christian Feltin
 
Alain Lioret
 
Alain Lioret
Métamorphoses en série, 2020,
bois vermoulu, peinture à l’huile, 83 x 83cm
 
C’est l’histoire d’un bout de bois martyrisé par un long séjour dans l’eau salée, criblé de trous, de lézardes, de fêlures… influencé par les travaux de ‘‘supports - surface’’ en particulier ceux de Jean-Pierre Pincemin, j’ai eu envie d’intervenir dans cette merveille sculptée par la nature et le temps, en lui infligeant de nouvelles agressions, qui sont autant de nouvelles ruptures.
 
Christine Lopez
 

 
Christine Lopez
Trois petits tours, 2020,
collage sur toile. Anthropométrie. Papiers et peinture acrylique.
Diptyque, deux toiles de 81 x 65cm
 
Trois petits tours est une oeuvre qui évoque l’état de rupture amoureux et la quête incessante du désir. Entre volupté et vanité, le transport amoureux évolue dans l’espace tendu d’une perspective, où l’ordre du temps qui s’écoule rencontre le merveilleux, le sacré et le catastrophique.
Cascade alanguie de sensualité, ravissante et sombre, éphémère, sur le fil d’un temps qui court inexorablement vers l’état de fin, de rupture, avec l’idée, toujours renouvelée, d’une métamorphose renaissante et d’un nouvel envol.
 
Christine Lopez
 
Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
Les déserteurs, 2021,
installation à dimensions variables,
images imprimées encadrées, codes chiffrés
inscrits sous les oeuvres et lunette d’observation.
 
Raphaël Morin

Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
 
Raphaël Morin
 
Des personnages de tableaux de la période romantique ont déserté leurs oeuvres respectives pour partir à l’aventure et s’offrir une nouvelle jeunesse dans une autre galaxie. Ces déserteurs du passé, se trouvent projetés à notre époque dans cette installation, arpentant les paysages fantastiques d’une planète violette nimbée de blanc.
Au premier abord, l’installation présente un ensemble des paysages dépeuplés. Il s’agit d’oeuvres, plus ou moins connues, de peintres romantiques dont les protagonistes ont disparu. A proximité de cette série est disposée une lunette d’observation orientée vers d’autres images installées à quelques mètres.
Le spectateur peut, grâce à ce télescope, observer la destination choisie par ces « déserteurs » de l’histoire de l’art et la manière dont les uns et les autres vivent leur nouveau monde. Sous ces images, plus contemporaines, le spectateur remarquera des codes chiffrés, les mêmes que ceux accompagnant les paysages esseulés.
Ces chiffres servent à identifier l’image de référence, la référence artistique d’où sont partis les personnages.
Qui aurait pu imaginer que le couvercle d’une boite d’enduit puisse susciter tant d’attrait, provoquer de telles aventures pour ces personnages d’une autre époque ? Traverser le temps, bouleverser les échelles, changer de perspective, rien ne semble impossible quand la rupture devient nécessaire. 

Pierre Paindessous

Pierre Paindessous
Frêles cariatides, 2020,
terre chamottée et matériaux divers, 75 x 25 x 25cm

 
Pierre Paindessous
 
Cariatide I (Bleu de Mytilène) : figure féminine supportant une série de déchets marins, immergée en partie dans de l’eau bleue. Par un phénomène de capillarité le personnage se teinte petit à petit de taches bleues au cours de l’exposition (Mytilène est la capitale de l’île de Lesbos en Grèce où sont réfugiés de nombreux immigrants passés par la mer et venant de la Turquie voisine).
Cariatide II (Sauver les meubles) : figure qui porte des objets essentiels du quotidien et immergée dans de l’eau de mer. Elle s’humidifie par capillarité.
Cariatide III (Emporter son Rêve) : évocation d’un rêve de vie à l’occidentale.
Les 3 cariatides symbolisent la rupture brutale et douloureuse que constitue, pour de nombreuses populations, l’obligation d’émigrer, de quitter leur pays en espérant ainsi une vie meilleure. Ceci étant dû, soit à des guerres de destruction faites aux populations civiles, soit à la montée irrémédiable de l’eau des océans ou bien encore à la famine en raison du réchauffement climatique.

Pierre Paindessous

Marie-Christine Rabier

Marie-Christine Rabier, sculpteure
À ton image, main-tenant, 2020,
moulage sur nature tenant une horloge,
acier, résine polyester, inox, 183 x 40 x 52cm
scarabée naturalisé et doré (symbole de métamorphose,
de renaissance dans l'Egypte ancienne.)


Marie-Christine Rabier, sculpteure

Marie-Christine Rabier, sculpteure
 
Nous dépendons de ce qui dépend de nous.
Michel Serres
 
Si les ruptures sont les matériaux qui nous construisent et modifient notre rapport au temps, nous vivons aujourd'hui une période charnière, une transformation de la société toute entière, une réelle mutation holistique, dont les imbrications et les impacts transversent entre Science, Biodiversité, Ecologie et Mondialisation. Le monde doit se réinventer. 
Nous devons nous réinventer. 

Marie-Christine Rabier, sculpteure

Pascal Ragoucy

Pascal Ragoucy
Passages, 2020,
tirages jet d’encre sur papier muséum, 150 x 30cm


Pascal Ragoucy
 
Pascal Ragoucy
 
Le milieu naturel comme révélateur de nos sentiments, dans les lieux ou la nature exprime sa présence imposante. Cette série cherche à exprimer les moments de bascule, les ‘‘passages - ruptures’’ ou l’on se situe entre attraction et répulsion, accueil bienveillant et / ou agression potentielle… C’est bien de notre inconscient qu’il s’agit, ce moment de bascule émotionnel n’a rien de physique. Nous sommes dans une époque confrontée à un moment de ‘‘passages - ruptures’’. Le milieu naturel duquel nous nous déconnectons de plus en plus, par effet de balancier nous ramène à notre juste place : un des acteurs du système. Et un nouvel équilibre va survenir, avec ou sans nous. Ces travaux deviennent dans cette perspective support à introspection.
 
 Sophie Revault
 
 
Sophe Revault
Sans titre, 2020,
pigments et liant acrylique sur papier japonais, 98 x 83cm
 
En Egypte, j’ai été confrontée en permanence à ce que j’appelais des ‘‘coupures’’ : des lignes séparatrices aux manifestations particulières, inhabituelles, entre les éléments eau/sable, terre/pierre par exemple.
Elles soulevaient en moi une vive émotion.
Ces lignes ont resurgi en 1995 avec les plis qui se sont imposés dans la peinture ; leurs arêtes naturelles traduisaient bien le fait de séparer tout en maintenant la coexistence de mondes hétérogènes.
L’arête du pli crée une ligne sui generis génératrice d’émotion. Je peins et j’entre dans la
peinture pour la plier.
Plus les plis sont nombreux, rythmés et contrastants, plus l’oeuvre s’éloigne du format initial, plus elle est serrée, réduite, plus elle est comme un bonsaï à l’énergie concentrée. 

Sophie Revault
 
Christian Revest
 
Christian Revest 
Une barque de pêcheurs croise un cargo, 2017,
Kochi, Kerala - Inde,
aquarelle et gouache sur papier marouflé, 150 x 50cm

 
Christian Revest
(détail de Une barque de pêcheurs croise un cargo, 2017)
 
Christian Revest voit grand et a su créer un univers qui traduit idéalement sa passion pour un monde industriel, celui des ports et des chantiers navals. Son approche picturale est paradoxale : entre dessin et peinture, entre gris et couleur, le détail côtoie l’esquisse.
Cette oeuvre se veut une exaltation des grands espaces et des seigneurs de la mer.
En baie d'Ernaculam, les pêcheurs artisanaux, ici une vingtaine de pêcheurs, sur leurs barques traditionnelles chargées de lourds filets, croisent le monde moderne sans y prêter attention.
Christian Revest
 
 Aurelia Rocher
 
 
Aurelia Rocher
Sans titre, 2020,
Grès, terre noire, émail, oxydes, siporex,
H 20 à 90 cm x L 140 x P 60cm
 
Aurelia Rocher

Les étapes de l'évolution du vivant, comme des phases de rupture.
L’histoire de la vie est ponctuée de crises ayant pour conséquence la perturbation des écosystèmes. Ces derniers évoluent et s’adaptent pour survivre, l’adaptation comme mouvement intrinsèque qui accompagne le cycle de la vie.
À chaque crise la nature se réinvente. Dans cette proposition seuls les organismes dotés de jambes vont perdurer. Des jambes symboliques accompagnent le mouvement et créent un autre possible. Une rupture avec les organismes qui n’ont pas pu s’adapter.

Aurelia Rocher
 
Françoise Roueff 
 
 Françoise Roueff
Déchirure, 2020,
béton blanc, feuille d'or, 98 x 73cm

Une feuille de béton blanc déchirée comme une simple feuille de papier...
Les bords de sa déchirure sont cernés d'or pour la ‘‘magnifier’’ selon la tradition du Kintsugi. Le Kintsugi est un art japonais spécifique : lors de la réparation d'un objet les lignes de faille sont soulignées avec de la poudre d'or au lieu de les masquer. Désormais signe de renouveau, la déchirure n'est pas dissimulée mais au contraire mise en valeur. Résilience… ?


Françoise Roueff

Patricia Seraidarian

Patricia Seraidarian
Paroles de corps, 2020,
technique mixte, 115 x 73cm
 
Les ruptures sont des contrastes que l'on rassemble comme les pièces d'un puzzle, pour construire, reconstruire ou déconstruire nos vies.
La rupture des corps exprimée dans mon tableau est la métaphore de la construction ou de la déconstruction des moments forts de notre vie.
 
Odile Xaxa
 
Odile Xaxa
CLAC !, 2020,
texte brodé sur une pièce de fil et de papier travaillés en mélange, clouée sur une porte, motifs au crochet,
120 x 40cm, porte : 190 x 80cm
 
Odile Xaxa
(détail de CLAC !, 2020)
 
"On n’est pas chez les Bisounours ! ’’ C’est cette phrase assassine qui m’a poussée à conclure le travail des années précédentes. Après le thème Débordement et l’oeuvre Trop (de noir, de haine, de violence…), après Rêvons l’espace et l’oeuvre Rinascimento (renaissance, renouveau), après la désillusion annoncée d’un ‘‘monde d’après’’ pas meilleur que celui d’avant, c’est le cerveau qui se déconnecte brutalement, le moment de folie, le besoin de claquer la porte, le renoncement à changer le monde, le dépôt des armes. Fin de la discussion.
 
Odile Xaxa


Performance de la compagnie d'entraînement du théâtre des ateliers filmée par Alain Simon

En attendant la réouverture des musées, le collectif Perspectives vous propose de découvrir l'exposition RUPTURE aujourd'hui au musée des Tapisseries, Palais de l'Archevêché à AIX en PROVENCE.
Depuis chez vous, visitez l'exposition et zoomez sur les oeuvres.
Rendez-vous dans quelques jours, la video de l'exposition RUPTURE sera en ligne.

 Avec le soutien de nos partenaires et mécènes